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Né de Charles Gallé, peintre sur porcelaine de formation et voyageur de commerce, et de Fanny Reinemer dont les parents tiennent un magasin de cristaux et porcelaine au 1, rue des Faïenceries à Nancy. Charles Gallé s'associe aux Reinemer dès 1846. Il fait alors produire de petites séries de porcelaines personnalisées en sous-traitant dans les manufactures de Meisenthal : médaillé d'argent en 1854, il devient en 1866 le fournisseur officiel du palais des Tuileries. A compter de 1867, il s'offre un petit atelier où il embauche quatre graveurs afin de produire lui-même.
Durant ce temps, Emile grandit. Lecteur assidu des oeuvres de Chateaubriand ou Victor Hugo, il a pour professeur le naturaliste Dominique-Alexandre Godron. Emile témoigne dès son plus jeune âge d'une attirance vers la nature et plus particulièrement la flore. "Heureusement l'amour de la fleur régnait dans ma famille. Ce fut une passion héréditaire, ce fut le salut" écrira-t-il. Bachelier, il va étudier l'allemand et la minéralogie à Weimar, puis à Meisenthal où il apprendra l'art du verre.
En 1870, alors âgé de 24 ans, Emile s'engage au 23e régiment d'Infanterie. Démobilisé après la défaite, il ira représenter l'entreprise familiale à Londres où il va participer à des expositions, présentant ses propres créations. Il en ramènera une médaille de bronze de l'Exposition Internationale du Royal Hall londonien. Il réitère à Lyon lors de l'Exposition Universelle de 1872, avec une médaille d'or.
En 1875, le père d'Emile lui confie la direction d'un atelier de décors dans la faïencerie Müller de Raon l'Etape (Vosges). La même année, Emile se marie avec Henriette Grimm. Dès 1876, les Gallé collaborent avec divers artistes, dont le jeune Louis Hestaux qui deviendra le second, l'associé puis le successeur d'Emile dans l'Art du verre.
Encouragé par son père dans la création artistique, Emile ne prend la direction de l'entreprise familiale qu'en 1878. C'est à partir de ce moment qu'il va pouvoir s'émanciper d'une éducation rigoureuse pour enfin donner libre court à son imagination, son art. Remarqué à l'Exposition de Paris la même année, l'art de Gallé est encencé par une critique pourtant réputée difficile. Rapidement, il doit faire face à la copie et assigne les faïenceries Keller&Guerin (Lunéville) pour contrefaçon. Il comprend alors la nécessité d'innover pour faire face à cette concurrence déloyale.
Dès lors, il expérimente inlassablement de nouveaux procédés de fabrication visant à enjoliver la matière. Son acharnement, sa soif de perfection seront moult fois récompensés par diverses médailles. Son ami critique d'art Roger Marx lui assure une grande publicité à Paris. Face à ce succès, Gallé s'essaie à de nouvelles disciplines et se lance dans l'ébénisterie, la marqueterie et la sculpture sur bois. Disciplines dans lesquelles il sera, encore une fois, récompensé.
Membre de l'Académie Stanislas en 1891, il se présente en tant que "compositeur ornemaniste et assembleur d'image". C'est à compter de cette époque qu'il convient de "posséder un Gallé" à Nancy, en France, et même à l'étranger. Gallé est mis à contribution lorsqu'il s'agit d'offrir des présents aux personnalités : en 1892, un vase est offert à l'épouse du président Carnot ; en 1893, à l'occasion du passage de l'escadre russe à Nancy, le Tsar reçoit une table Gallé (musée de l'Ermitage de Saint-Petersbourg) ; c'est à lui que pensent les dirigeants de l'Ecole normale supérieure pour créer une coupe commémorative à l'attention de Louis Pasteur, à l'occasion de son 70e anniversaire. Esthète, il fréquente les grands de la littérature, côtoie Edmond de Goncourt ou Maurice Barrès. Il est ami avec le japonais Tokouso Takecyma. Amitié qui sera riche d'enseignements pour son art.
Artiste, industriel, meneur d'hommes, Emile Gallé n'en est pas moins un humaniste qui prend position et revendique à travers son art. En 1878, il s'engage dans la sauvegarde de la porte Saint-Georges, vouée à la destruction sur l'autel du modernisme. Il créera à cette occasion diverses pièces, dont un dragon terrassé par Saint-Georges visible au musée de l'Ecole de Nancy. Plus tard, il réagira dès la publication du "J'accuse" d'Emile Zola dans l'Aurore du 13 janvier 1898. Emile Gallé deviendra dès lors l'un des plus ardents défenseurs de la cause du lieutenant Dreyfus, devenant trésorier local de la Ligue des Droits de l'Homme qui milite en ce sens. Il reprendra ce ver de Victor Hugo "Car tous les hommes sont les fils du même père. Ils sont la même larme et sortent du même oeil" sur l'une de ses pièces.
Désireux de développer l'Art Nouveau en Lorraine, sensibilisé aux problèmes de la contrefaçon, confronté à la difficulté de former et garder des ouvriers d'Art, Emile Gallé fonde en 1901 l'Alliance provinciale des industries d'art, aussi dénommée "Ecole de Nancy", visant à regrouper les artistes nancéiens dans les buts ci-dessus énoncés.
Cependant, Emile Gallé s'éteindra peu de temps après, le 24 spetembre 1904, terrassé par la maladie à l'âge de 58 ans, laissant derrière lui une oeuvre majeure de la fin du XIXe siècle.
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