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Nancy Guide : Histoire, Chronologie détaillée : 11) Stanislas Leszczynski (XVIIIe siecle)

STANISLAS LESZCZYNSKI

Stanislas Leszczynski, nommé une première fois roi de Pologne en 1704 grâce à l’appui de Charles XII de Suède, fut contraint à l’exil lors de la défaite de ce dernier à Poltava en 1677. Depuis lors, il avait connu une existence tourmentée, notamment après la mort de Charles XII en 1718. Il tenta sans succès de s’établir en Lorraine, jusqu’au jour où le Régent lui offrit une modeste pension et une résidence à Wissembourg dans l’intendance d’Alsace. Le mariage inespéré de sa fille avec le jeune roi Louis XV, en 1725, lui fit recouvrer ses espoirs, et prétendre une nouvelle fois à la couronne de Pologne.

En février 1733, la mort d’Auguste II de Pologne entraîna un problème de succession. La France appuya alors la candidature de Stanislas Leszczynski, beau-père de Louis XV. Stanislas fut élu, mais son rival, Auguste de saxe, n’acceptant pas la défaite, obtint l’appui de la Russie et de l’Autriche et parvint à renverser le nouveau souverain. La France entra alors en conflit avec l’Empire, ce qui entraîna une nouvelle occupation de Nancy dès le 13 octobre 1733. Cette occupation de Nancy ne ressembla guère aux précédentes : la ville conserva son rythme économique et social. Cependant, les français ne devaient jamais en partir.

La guerre de succession de Pologne vint envenimer les relations diplomatiques entre le Royaume de France et l’empire Autrichien. De ce fait, Nancy annexé, il devenait impossible à François III de gouverner l’Autriche et le duché de Lorraine.

La France ayant remporté de nombreuses batailles, cela lui permit d’engager les pourparlers avec l’Autriche dès 1737. Ces pourparlers aboutirent au traité de Viennes (1738), par lequel le royaume voyait attribuer le duché à Stanislas Leszczynski à titre de viager. A la mort de ce dernier, le duché devait être donné à la France. En dédommagement, François III se voyait attribuer le grand duché de Toscane, et prenait le nom de François II, avant d’être, en septembre 1745, promu empereur sous le titre de François Ier.

Les lorrains acceptèrent mal ce traité, et Stanislas arriva donc de mauvaises conditions vis à vis de ses sujets. D’autre part, Stanislas lui-même acceptait mal de se voir évincer de son royaume pour obtenir de si faibles compensations, d’autant plus que par la déclaration secrète de Meudon, il avait dû accepter de lourdes amputations à sa souveraineté.

L’intendance du duché débuta le 8 février 1737 à Bar-le-Duc, et une deuxième cérémonie se déroula à Nancy le 21 mars de la même année. Stanislas arriva le 3 avril, sans pour autant entrer dans Nancy : comme son prédécesseur, il décida de vivre à Lunéville. Il maintint cependant à Nancy les administrations. Stanislas n’entra solennellement dans Nancy que le 9 août. Cependant, l’accueil des lorrains se révéla froid, et Stanislas mit beaucoup de temps à se faire accepter, d’autant plus que l’administration française faisait parfois regretter l’époque où le duché était souverain : ainsi, l’enrôlement dans les milices françaises devint obligatoire dès 1744. De même, la fiscalité française se révéla plus rude que celle de l’ancien duché, notamment à cause des campagnes militaires. Il en résulta quelques insurrections envers le pouvoir. Cependant, nobles, bourgeois et classes populaires observaient la même opinion.

Economiquement, Nancy conserva son dynamisme, malgré quelques déboires dues, encore une fois, à la fiscalité importante, et à un commerce "d’entrepôt" consistant à faire transiter les marchandises par Nancy afin d’éviter la taxation d’import.

Stanislas fut peu à peu apprécié de ses sujets en se mettant à l’écoute de leurs besoins, et en y apportant des solutions dans des domaines très variés : assistance publique, lutte contre la disette, instruction, progrès sanitaires…

Afin d’assurer le bien-être de ses sujets, Stanislas créa un prémisse de sécurité sociale en accordant une bourse de 100 000 livres destinée à faire face aux évènements imprévus tels les accidents, la maladie ou l’infirmité.

Quant à l’éducation qui faisait souvent défaut à l’époque, Stanislas y remédia en fondant un ordre de la congrégation des frères des écoles en 1748. Contre 33 000 livres, il obtint des frères de tenir plusieurs écoles gratuites dans la ville de Nancy, et de diriger la renfermerie de Maréville qui devint l’asile des délinquants et des fous. Deux écoles furent créées : l’une au coin de la rue Benit et rue Saint-Jean, dans l’ancienne manufacture, et l’autre au dessus de la porte Saint-Nicolas. L’abbé de Bouzey offrit en 1750, une autre école près de la porte Saint-Georges, grâce à divers dons.

Ces écoles permirent aux Nancéiens de bénéficier d’une éducation de qualité jusqu’à la Révolution : à cette époque, Nancy comptait un nombre peu important d’illettrés et 90% des hommes et 70% des femmes étaient capables d’écrire leur nom. Afin de privilégier la culture, Stanislas créa une grande bibliothèque publique, inaugurée le 28 décembre 1750. Primitivement située au palais ducal, elle fut transférée à l’Hôtel de Ville en 1763. Cette bibliothèque connut des débuts modestes, avec 1070 ouvrages référencés en 1756, et le double 10 ans plus tard. Dans les année 1750, Stanislas devait constuire un ensemble architectural autour d'une place à la gloire de son gendre Louis XV.

La Société Royale des Sciences et Belles Lettres avait pour but de promouvoir la science, la littérature et les arts au sein de Nancy : des bourses étaient accordées aux vainqueurs, chaque année. De modeste, cette Société devint une véritable institution comprenant 40 personnes, et composée essentiellement d’ecclésiastiques et de bourgeois. L’influence de la Société fut telle que des philosophes, encyclopédistes et hommes de lettres (Montesquieu, Fontenelle, Buffon) demandèrent à en être membres.

Dans le même esprit, Charles Bagard, fils d’Antoine Bagard, médecin de Léopold, fonda en 1752 le Collège de Médecine. Ce collège était à la fois une corporation, une académie et une école auxquelles chaque médecin devait être affilié. Tous les 3 ans, 5 médecins étaient chargés de donner des consultations gratuites chaque semaine. Ce système fonctionna très bien, et Stanislas décida de l’étendre dans tout le duché. Parallèlement, Stanislas aida Charles Bagard dans le cadre de ses recherches, notamment en ce qui concerne la variole. Ces recherches ne permirent cependant pas d’enrayer l’épidémie des années 1759-60, en raison de l’opposition du clergé qui estimait ces recherches contraires à la morale.

Le 5 février 1766, en s'approchant d'une pendule placée sur une cheminée de son appartement, Stanislas mit le feu au bas de sa robe de chambre faite de fourrure. Il sonna, mais aucun domestique n'était disponible. Il chercha alors à éteindre lui-même le feu, mais n'y parvint pas et tomba dans le brasier. Le garde, qui avait ordre de ne pas entrer dans les appartements de Stanislas sous aucun pretexte, sentit une forte odeur : il chercha donc à prévenir les domestiques en criant de plus en plus fort. Quand, enfin, on l'entend, on entre dans l'appartement, mais il est malheureusement trop tard : tout un côté du corps de stanislas est brûlé, tandis que l'une de ses mains est calcinée. Stanislas mourut 17 jours plus tard, le 23 février, à l'âge de 88 ans.

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