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Nancy Grand Coeur symbolise le renouveau du centre-gare, après la restructuration du secteur Meurthe Canal et la réhabilitation de la place Stanislas. Mais concrètement, Nancy Grand-Coeur, c'est quoi ?
Commençons par la place Thiers, dûment massacrée durant les années 70, que l'on aurait pu croire achevée par les îlots commerciaux construits un peu plus tard, et qui subit une sorte de persécution depuis lors.
Au milieu des boutiques en décomposition avancée en vue d'une rénovation de l'endroit, le euh ! truc en bois d'arbre compressé et en verre (la "lanterne", c'est son nom), symbole onirique de la reconstruction de la place, laisse en effet pour le moins songeur. Les Artistes du Voyage, usagers du système ferroviaire tout proche, ne s'y sont d'ailleurs pas trompés et le prouvent à l'aide d'inscriptions évocatrices et autres graffiti qui évoquent de manière imagée la nature branlante de l'édifice. Enfin, je crois.
Passé le premier moment d'étonnement, je poursuis mon chemin et tombe nez à nez avec un euh ! cube en verre et en métal qui jouxte la gare. De l'autre côté du pont machin (Foch ?), une dernière surprise achève mes espoirs de voir ce secteur enfin rénové : ils ont en effet construit un "immeuble République", pendant horizontal de l'horreur verticale au nom ridicule qui fait de l'ombre à l'Excelsior, j'ai nommé la tourtière la tour Thiers.
Bâtiment de 7 500 m² de verre et d’acier à l’allure futuriste selon la CUGN, à chacun de se faire son opinion... Voici la mienne :
Si le but était de rénover cet espace, c'est loupé. Par contre, il faut bien reconnaître que les nouvelles constructions s'intègrent parfaitement aux horreurs du passé sans en insulter la laideur crasse, avec un mauvais goût qui laisserait pantois les urbanistes du Haut-du-Lièvre qui avaient quelques excuses, eux. Haut-du-Lièvre dont ce nouveau quartier devrait devenir une symétrie presque parfaite. D'ailleurs, n'ai-je pas entendu, ici ou là, parler de " Bas-du-Lièvre " ? L'architecte responsable de ce désastre a poussé le concept jusqu'à boucher la seule perspective qu'il restait après la construction de la tour Thiers, à savoir celle de l'axe Saint-Jean Saint-Georges : le machin en verre est encore visible depuis le Point Central et au-delà.
Réitérer les erreurs avec une obstination qui confine à l'acharnement, me rend admiratif. Non seulement, tous ces machins enlaidissent un peu plus un secteur gare qui n'en n'avait pourtant pas besoin, mais en plus on y parvient sans faire l'effort de se tromper en usant de technologies par trop récentes ou dont on ne connaît pas le résultat. On ne construit pas moderne, beau, ou même écolo. Non, juste une pâle imitation de ces quartiers d'affaires en verre et métal, déshumanisés, énergivore et qu'il convient de réhabiliter à mesure qu'on les construit depuis 30 ans.
Déçu, je suis.
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